
Au cours des derniers jours, ce ne sont pas les sujets qui ont manqué sur l’actualité du train (la coupe du monde de rugby, le déplacement du conseil des ministres à Strasbourg, l’arrivée du wifi dans le Thalys à partir de mai-2008). Mais nous allons parler d’un truc moins sexy mais que vous allez sûrement retenir pour quelques années :
La nouvelle grille de tarifs de la SNCF
Celle-ci entrera en vigueur le 7 octobre prochain. Ouvrez grands les yeux c’est un vrai ménage de printemps!
Un nouveau mode de calcul
Le prix des billets ne sera plus calculé selon un indice de prix au kilomètre mais tout simplement selon les règles de l’offre et de la demande. Vous ne payerez donc plus un billet en fonction de la distance parcourue mais tout simplement en fonction du nombre de places disponibles. On fait donc jouer à fond la loi de l’offre et de la demande. On connaissait les périodes bleues et les périodes normales qui étaient quelque part une manière artificielle d’appliquer cette règle, maintenant on va ni plus ni moins la généraliser.
Pro ou Perso il faut choisir!
L’autre évolution importante de la politique des tarifs de la SNCF, c’est la dichotomie entre les offres Pro et les offres Loisir. Si vous êtes un voyageur d’affaire, La SNCF a pensé à vous. Pour les autres… faudra rentrer dans le rang!
Ce qui change pour les déplacements professionnels:
- Une offre Affaire qui comprend: l’échange gratuit des billets jusqu’à une heure après le départ, des guichets spéciaux et une priorité pour la réservation en 1 ère classe.
Ce qui change pour les déplacements personnels:
- Si vous comptiez acheter une boule de cristal, ça sera sûrement un bon investissement. Les nouveaux tarifs encourageront encore plus les super-prévoyants. Les billets Prem’s vont en effet baisser de quelques euros. J’en connais un qui va être content.
- En revanche pour les retardataires ou les velléitaires ça va faire très mal: Désormais si vous voulez changez votre billet le jour de votre départ, vous serez facturé d’une “pénalité” forfaitaire de 10 €. J’ai comme l’impression qu’on va voir de plus en plus de gens courir dans les gares et leurs alentours…
De loin je trouve que la tarification de la SNCF ressemble de plus en plus à celle de l’aérien. C’est ce qu’on appelle dans le jargon le Yield Management ou comment adapter le prix d’un service pour optimiser son chiffre d’affaire. Pour commencer on met en vente un quota de places super alléchantes, puis ensuite on laisse le prix fluctuer selon l’offre et la demande et également selon l’échéance du départ. Un système de prix qui a fait ses preuves dans l’aérien et l’hôtellerie.
L’autre point est qu’il y a une myriade de cartes de réduction pour les usagers du train. Elles impactent significativement sur le prix du billet mais rendent les choses encore plus complexes. Vous ajoutez à cela le système de S’miles, ça peut vite devenir une nouvelle épreuve du bac en option maths.
Ca me fait penser à ces systèmes de produits dérivés qui ont fait la fortune de nombreuses banques. Plus le produit est simple, plus les clients peuvent le comparer et faire jouer la concurrence. A l’inverse si derrière, la modélisation mathématique est complexe, le client aura beaucoup plus de mal à piger et la banque pourra plus facilement empocher une grosse marge. Je trouve qu’on en est un peu en train de se diriger vers cet état de faits avec ces nouveaux tarifs.
La SNCF détaillera toutes ces offres mardi prochain. J’y reviendrai s’il y a des corrections à faire.